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Féminicide Non classé

11ème féminicide en Suisse en 2026

Une femme a été tuée à Faoug (FR) le 12 mai, son mari et sa maman sont grièvement blessés.
Toutes nos pensées vont vers la famille et les proches endeuillés. Nous vous envoyons beaucoup de force et nos sincères condoléances. Une cagnotte a été créé pour soutenir cette famille qui avait déjà vécu un drame il y a 2 ans.
Comme a chaque fois que nous apprenons qu’une femme a été tuée par un homme en Suisse, nous rassemblons les informations disponibles pour évaluer s’il s’agit d’un féminicide ou pas. C’est un travail intense, difficile et que des collectifs totalement bénévoles effectuent car les institutions de l’Etat le négligent alors qu’elles détiennent pourtant toutes les informations nécessaires ce qui n’est pas notre cas. Un travail sans lequel personne ne saurait qu’en Suisse la majorité des meurtres sont des féminicides. Que les féminicides sont des meurtres de masse qui nécessitent des mesures urgentes et qu’on ne pourra stopper qu’avec des changements profonds de la société.
Un féminicide c’est le meurtre d’une femme, ou d’une personne considérée comme une femme, en raison de son genre. Notre expérience nous montre que quasiment tous les meurtres de femmes en suisse sont des féminicides à quelques exceptions près.
Nous considérons également le meurtre de Faoug comme un féminicide, même s’il ne semble pas l’être à première vue. Cette femme est morte en tant que mère, assassinée par son propre fils. Nous ne savons pas si son genre a joué un rôle central dans les motivations de l’auteur, mais nous tenons néanmoins à attirer l’attention sur ce point.

Par ailleurs, l’auteur était traité dans un établissement psychiatrique pour des troubles psychiques et était sous curatelle. Ce meurtre soulève des questions quant aux institutions suisses et à leur capacité à prendre en charge les personnes souffrant de troubles psychiques et leur entourage. En effet, le démantèlement du système de santé suisse touche particulièrement le domaine de la santé mentale : financement insuffisant, manque de personnel, absence d’accompagnement et de prévention.
Plus le capitalisme nous entraîne dans ses guerres et ses crises, plus la santé mentale de la population se détériore.
Le stress et l’anxiété font partie du quotidien de la majorité de la population suisse.
Nous ne pouvons pas compter sur les politicien·ne·s, les institutions ou toute autre instance pour améliorer la situation. Ce n’est que par la lutte et l’organisation collective, par la création d’espaces solidaires, que nous pourrons construire une société qui tienne compte des besoins de toutes les personnes et qui soit en mesure de soutenir celles qui ont besoin d’aide.