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10ème féminicide en Suisse en 2026

Elle avait 81 ans et vivait dans un centre de soins. Nous n’en savons pas encore plus à son sujet, mais nous espérons qu’elle a eu une vie bien remplie. Comme tant d’autres femmes, elle a très certainement beaucoup donné d’elle-même, s’est occupée des autres (ou a dû le faire). Elle était désormais dans un centre de soins et aurait pu profiter des dernières années de sa vie. D’autres personnes auraient pris soin d’elle.

“La peur de l’arme à la maison est un sujet de préoccupation pour de nombreux couples âgés.
Dans pas moins de cinq cas en 2025, un Suisse âgé de plus de 70 ans a tué sa compagne. Un coup d’œil aux statistiques criminelles montre que ce profil d’auteur existe depuis des années.”

Notre sœur aurait pu être sauvée. Pourtant, la société suisse refuse toujours de regarder en face la réalité. Politique, commentaires sur Instagram, médias : on ne cesse de réclamer des chiffres et davantage d’études. Ce ne sont que des manœuvres de diversion ! Ceux qui regardent et écoutent le savent depuis longtemps : en Suisse, l’endroit le plus dangereux pour les femmes, c’est leur domicile. Les hommes tuent par possessivité (et l’idée qu’une femme puisse continuer à vivre sans eux leur est insupportable), c’est pourquoi les femmes âgées vivant dans des relations hétérosexuelles sont particulièrement en danger.
Dans quel genre de société vivons-nous, qui permet à la moitié de la population de craindre quotidiennement pour sa vie ? Où il est normalisé de garder des armes à feu chez soi ?
La mort de notre sœur à Baden était bien trop précoce et aurait pu être évitée. Elle aurait mérité de s’endormir paisiblement. Mais son meurtrier ne lui a même pas accordé cela ; il a même voulu contrôler quand et comment elle mourrait. Nous sommes tristes et en colère. Nos pensées vont à tous ceux qui l’aimaient.
Nous continuons à nous battre ! Jusqu’à ce que le patriarcat tombe, jusqu’à ce qu’aucune d’entre nous ne doive plus mourir à cause de lui !

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9ème féminicide en Suisse en 2026

Elle avait 51 ans et aurait encore eu tant de choses à vivre. En janvier 2026, sa disparition avait été signalée. Aujourd’hui, trois mois plus tard, son corps a été retrouvé. Sur la propriété où elle vivait. Enterrée.
Le meurtrier présumé était son partenaire. Elle vivait avec lui. Elle a dû mourir parce qu’il en avait décidé ainsi. Puis il l’a enterrée. Depuis janvier, ses proches vivaient dans l’angoisse et personne ne pouvait la pleurer. Il ne lui a même pas accordé cela. Il a été arrêté en Espagne.
Alors que le Parlement suisse débat pour savoir si la nationalité et la « culture » sont responsables de la violence patriarcale en Suisse (alerte spoiler : le patriarcat est tout aussi ancré en Suisse que dans la plupart des pays du monde), nous pleurons une nouvelle sœur.
Alors que la politique suisse s’intéresse une fois de plus aux auteurs des crimes et ne mentionne pas les victimes, nous ne laisserons pas celles-ci disparaître une seconde fois. Nous pleurons notre sœur, arrachée à la vie à Engwang à l’âge de 51 ans. Nous adressons beaucoup de force et de compassion à ses proches. Si vous connaissez son nom, si vous souhaitez nous parler d’elle ou si vous avez une photo, n’hésitez pas à nous les partager.

Nous nous souviendrons d’elles. Nous ne les oublierons pas. En leur nom et au nom de toutes nos sœurs et de tous nos frères arrachés à la vie par des féminicides, nous n’abandonnerons pas tant que tout le monde ne sera pas obligé de regarder en face la réalité et ne pourra plus se cacher derrière des prétextes (racistes) : le patriarcat est une tradition en Suisse. Le patriarcat tue en Suisse.

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Féminicide

6 et 7ème féminicide en 2026

Le 16 avril, deux femmes ont été tuées à Urnäsch (AR). Deux femmes ont été tuées à l’arme blanche dans un appartement à Urnäsch. L’une des deux femmes était la locataire de l’appartement, elle avait 48 ans. On ne sait rien de la deuxième femme si ce n’est qu’elle était là en visite. Une fillette de 7 ans y a été également retrouvée blessée. L’auteur présumé a 23 ans. Il a également été blessé et est connu des services de police.
Les enfant.es survivant.es sont souvent les grands oublié.es quand on parle de féminicides. Pourtant cette situation concerne plusieurs dizaines d’enfant chaque année en Suisse. Des enfants qui doivent faire face au féminicide de leur maman et souvent aussi au suicide du père ou sa détention et les visites en prison que cela peut impliquer.
On vous invite à revoir la vidéo du témoignage de Kylian de l’association Mél. Il a vécu le féminicide de sa maman et lutte chaque jour pour transformer son histoire de vie en une force pour aider des femmes et des enfants autour de lui et prévenir d’autres féminicides.
Les féminicides sont le reflet de notre société qui permet aux hommes de dominer les femmes et les personnes queer. Cette domination prend des formes parfois considerées comme banales comme le fait de controler comment sa partenaire s’habille ou avec qui elle sort, la discréditer ou la rabaisser. La lutte contre les violences patriarcales nous concerne toutes et tous! C’est seulement grâce à une lutte collective, en s’organisant qu’on pourra faire changer les choses et construire une société solidaire et libre.

Nous envoyons toutes nos pensées aux proches de ces femmes. Nous partageons votre douleur.

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5ème féminicide en Suisse en 2026

Le 6 février, une femme et un homme ont été découvert décédés dans leur appartement à Staufen, dans le canton d’Argovie. Ils avaient environ 70 ans La police exclut l’intervention d’un tiers et parle de suicide étendu. Nous connaissons trop bien ce type de scénario. Nous n’obtiendrons, encore une fois, sans doute, aucune autre information sur ce probable féminicide.

Nous en avons été informé.x.e.s par notre communauté aujourd’hui. Nous l’avions loupé. Nous remercions la personne qui nous a partagé cette information.

Ces conditions démontrent, une fois de plus, la nécessité d’obtenir un monitoring des féminicides (comptage, circonstances etc.), ce que nous demandons depuis longtemps, mais que les instances nous refusent.

De plus, ces conditions mettent également en lumière la nécessité d’un engagement communautaire fort face à ces violences et l’importance du travail de recensement. Chacun.x.es peut contribuer à la lutte contre les féminicides. Il est important d’agir !

Ne laissez pas le désespoir vous gagner, rejoignez-nous car ensemble nous pouvons lutter pour construire une société féministe et solidaire.

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Féminicide

4ème féminicide en Suisse en 2026

Le 13 février, une femme a été tuée à Gnosca (TI)

On apprend une fois de plus qu’une personne a été arrachée à la vie à cause de son genre.
Nous continuons de lister nos mortexs car nous leur devons ce travail de mémoire. Cette mémoire que la police et la justice essaient d’empêcher en refusant de nommer les féminicides.
A toutes les personnes qui lisent ce post le coeur rempli de tristesse et de colère: vous n’êtes pas seulexs! Ne laissez pas le désespoir vous gagner, rejoignez-nous car ensemble nous pouvons lutter pour construire une société féministe et solidaire.
A tous les hommes qui s’apprêtent à commenter sur un ton parternaliste pour nous dire qu’on a aucune preuve qu’il s’agisse d’un féminicide: on a quasiment jamais de preuves qu’il s’agissait d’un fémincide! On n’accuse personne on ne fait que rendre visible le fait qu’en suisse la mentalité patriacale tue chaque année des dizaines de femmes et de personnes queer.
Les fémincides ne sont pas une fatalité, ils sont rendus possible par le fait qu’en tant que société on tolère et banalise les violences sexistes.

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Féminicide

3ème féminicide en Suisse en 2026

Elle avait 26 ans. C’est tout ce que nous savons d’elle. Ce que nous savons en revanche, c’est qu’elle aurait aimé continuer à vivre. Comme nous toutex, elle avait des rêves, des projets, des amiexs, des espoirs… Elle a dû mourir parce qu’un homme s’est senti en droit de la tuer.
Une fois de plus, nous constatons que les féminicides n’ont pas d’âge, pas de classe sociale, pas de nationalité… Le seul point commun entre ces meurtres tragiques est qu’un homme s’est arrogé le droit de prendre la vie d’une femme ou d’une personne considérée comme une femme – une conséquence directe de la culture patriarcale qui règne en Suisse !
Une fois de plus, nous pleurons une sœur que nous n’avons pas pu sauver. Peut-être a-t-elle demandé de l’aide, peut-être a-t-elle porté plainte contre son bourreau… Les dernières années nous ont fait comprendre de manière effrayante que cela ne suffit malheureusement pas pour sauver une vie.
Nos pensées vont de tout cœur aux personnes qui l’ont connue. Elle nous manquera beaucoup. Nous ne l’oublierons pas. Chaque victime du patriarcat est une victime de trop ! C’est pourquoi nous devons lutter de toutes nos forces, avec toute notre conviction et toute notre solidarité contre le patriarcat !

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Féminicide

2ème féminicide en Suisse en 2026

Une femme a été grièvement blessée dans un appartement de la rue Mirasole à Bellinzone puis a succombé à ces blessures avant l’arrivée des secours. Elle avait 46 ans. Un homme de 61 ans a été retrouvé dans ce même appartement dans un état grave. Un homme de 24 ans a été appréhendé. On ne se sait rien de plus sur elle pour l’instant.

Les autorités ne se prononcent pas davantage pour l’instant mais le schéma présenté fait penser à un nouveau féminicide et, dans la grande majorité des cas, ces morts s’inscrivent dans le contexte des féminicides. Nous n’aurons peut-être pas d’autres éléments de la part de nos autorités alors nous le nommerons ainsi tant que l’inverse n’aura pas été établi.

La dénonciation de ces violences partout et tout le temps est primordiale. C’est pour cette raison que nous continuerons à éplucher les titres des journaux. Chaque féminicide est politique car il démontre, si cela était encore à faire, le résultat d’un continuum de violences dirigé contres les femmes et les minorités de genre.

Nous avons une pensée pour elle et ses proches, pour celles et ceux à qui elle va manquer. Nous vous envoyons toute notre force et notre courage.

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1er féminicide en Suisse en 2026

C’est dans la nuit du 23 au 24 janvier 2026, à Carouge (GE) que notre décompte, plein de colère et de tristesse, débute cette année. Le 24 janvier, aux alentours de 4 heures du matin, une femme est retrouvée morte dans son appartement rue Roi-Victor Amé à Carouge (GE). La victime est décédée à la suite de coups de poings et coups de pieds qui auraient été portés par son compagnon, âgé de 49 ans. Nous n’en savons pas plus actuellement.


Toujours frileux, les médias ne titrent pas le probable féminicide qui s’est déroulé à huis clos, comme souvent.La violence qu’a subi cette femme, la conduisant jusqu’à la mort n’est pas le fruit d’un seul homme mais le résultat d’une culture patriarcale qui tue !


Nous aurions aimé ne pas avoir à débuter ce décompte une année de plus mais la mise en place de solution est trop longue et nous devons ainsi compter nos mortes !


Les médias et les politiques parlent de surveillance électronique active, d’un numéro d’urgence, etc. mais nous les attendons encore et encore … Nous attendons toujours que les offres de soutien et les possibilités d’hébergement bénéficient de plus de moyens financiers car sans un soutien financier massif des victimes de ces violences, rien n’est possible.


Nous écrivons avec tristesse, colère et fatigue.
Nous le répétons : les féminicides ne sont pas des drames isolés, mais les conséquences d’un système patriarcal.


Le patriarcat tue, luttons ensemble pour un monde sans lui.

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29ème fémincide en Suisse ne 2025

Le 24 décembre, une femme a été tuée à Buchs (ZH).

Elle avait 71 ans, elle était d’origine kosovare. On se sait rien de plus sur elle pour l’instant. On a une pensée pour elle et ses proches, pour celles et ceux à qui elle va manquer pendant les fêtes de fin d’année. Car les violences patriarcales ne nous laissent pas de répit à aucun moment.
On est en colère car c’est la 29ème vie cette année arrachée par la violence patriarcale. Des statistiques en France montrent que plus de 80% des victimes de féminicides avaient porté plainte. Aucun chiffre pour la Suisse ou on a des années lumière de retard sur la prévention contre les violences patriarcales. Mais en ignorant les victimes, en refusant de financer des services d’aide, notre état se rend coupable de meurtres de masse.
On est en colère car sans les militantes féministes et les 2 journalistes bénévoles de stopfemizid, on ne saurait même pas combien de féminicides sont commis en Suisse chaque année. Et malgré tout ce travail pour recenser les féminicides, plusieurs journaux romands (rts, Heidinews, La Liberté) reportaient en novembre dernier 22 féminicides alors qu’on en avait reportés 28 !! 22 féminicides en novembre 2025, c’est le chiffre qu’on obtient si on le demande a chatGPT ou si on compte de nombre de dates au lieu de compter le nombre de victimes recensés par le site stopfemizid. Le fait que des journalistes se soucient tellement peu du nombre de féminicides est une mesure de l’intérêt que l’on porte à ce sujet en tant que société.


Mais si on ne peut pas compter sur notre gouvernement ni sur les médias, on peut compter sur les groupes féministes qui luttent sans relâche pour qu’on puisse un jour vivre dans une société bienveillante et sans discriminations.

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Double fémincide et un homicide à Vaduz au Liechtenstein

24 décembre 2025
On apprend que deux femmes de 68 et 45 ans ainsi qu’un homme de 73 ans ont été retrouvé-es sans vie à Vaduz. Un corps sans vie a également été retrouvé au bord du Rhin, celui d’un homme de 41 ans qui serait le fils et frère des victimes de Vaduz. La presse reporte qu’il avait des problèmes d’argent et venait de se faire licencier, accusé d’irrégularités financières.
La police, comme souvent, refuse de nous donner plus d’information. Mais le schéma est tellement classique que cela nous glace le sang. Un homme qui fait face à des difficultés apparemment insoluble et qui préfère tuer toute sa famille plutôt que de faire face à ses problèmes et à ses mensonges. Un pur produit de notre société patriarcale ou les hommes ne peuvent pas supporter de perdre le contrôle. Quand est-ce qu’on va éduquer enfin les garçons en leur apprenant à exprimer et contrôler leurs émotions? Quand est-ce qu’on va arrêter de trouver que c’est normal et d’accepter des hommes qu’ils piquent des colères?
Toutes nos pensées vont aux proches des victimes, plein de force pour traverser ce deuil en période de fête.