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Féminicide

13 février : 5ème féminicide avec lien à la Suisse en 2024

Ce mardi, une femme a été tuée par son mari dans sa maison à Binningen (BL). Elle s’appelait Kristina, était âgée de 38 ans et avait deux filles. Nous envoyons beaucoup de pensées et de force à ses enfants et à tout son entourage en deuil.

Il est effrayant de voir avec quelle régularité et fréquence la violence patriarcale arrache à la vie des femmes et des personnes perçues comme étant féminines. Cela fait moins de sept semaines que la nouvelle année a débuté et déjà cinq féminicides en lien avec la Suisse ! (Nous incluons le féminicide commis par un ressortant suisse en Thaïlande.)

Les médias décrivent la vie avec son mari que Kristina montrait sur les réseaux sociaux comme une vie parfaite au sein d’un quartier de villas. Nous nous demandons de quel genre de vie de conte de fée il s’agit si un homme peut tuer sa femme sans que cela soit empêché ? Sans que les victimes soient protégées de la violence ? La violence patriarcale traverse notre société, quels que soient le lieu, le quartier ou la classe sociale. Elle peut toucher toutexs les personnes. Arrêtons cette épidémie mortelle – pour Kristina, Mariam et toutexs les autres qui ont été arrachées à la vie. Arrêtons ensemble la violence patriarcale en nous unissant pour trouver des réponses collectives.

Pas unex de moins !

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Féminicide

4ème féminicide en Suisse en 2024

Elle s’appellait Mariam!
Son corps sans vie a été retrouvé dans le Rhin, elle avait disparu depuis le 31 janvier.

C’est le 4ème féminicide en Suisse en 2024.

Elle s’appellait Mariam et elle avait 27 ans. Elle a été assassinée par son mari. Et nous on est convaincues que Mariam, Eli, Mélanie, et toutes les autres victimes de féminicides seraient encore avec nous si on ne vivait pas dans une société qui accepte et normalise les violences patriarcales.

On se mobilisera aussi longtemps qu’il faudra pour faire vivre la mémoire de Mariam et de toutexs les autres.

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Féminicide

Féminicide en Thailande

Le 8 janvier 2024, une femme a été tuée par son mari alors qu’ils étaient en Thailande. Elle s’appellait Orathai et elle vivait en Suisse. Elle avait déménagé en Thailande depuis quelques mois
C’est le 3ème féminicide en lien avec la Suisse dont ont ait connaissance en 2024.
On apprend avec tristesse et colère la nouvelle de la mort de notre soeur Orathai. Une fois de plus, la façon dont les médias suisses parlent des féminicides est absolument révoltante. Avant d’apprendre que le meurtrier avait été arrêté et avait avoué le meurtre de son épouse, le Blick titrait ”L’épouse d’un Suisse disparaît en Thaïlande” et parlait d’un mari désespéré après que son épouse aurait disparu, peu après avoir touché un héritage. En fait c’est lui qui l’a tuée et a vraisemblablement volé son argent ensuite.
On insiste sur le fait de reporter ce féminicides même si il n’a pas eu lieu sur le territoire suisse. On a du mal a imaginer le nombre de féminicides commis par des hommes suisses a l’étranger qui ne sont commis dans l’impunité et sans être jamais reportés.
Pour Orathai, pour toutes les personnes assassinées par la violence patriarcale, pour toutexs les survivantexs, on continuera a lutter !
Nos pensées les plus sincères aux proches d’Orathai. Si vous voulez nous contacter on est toujours disponibles. On vous envoie beaucoup de courage.

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Communiqué Féminicide

Carte des féminicides en 2023

Visualiser les endroits ou ellexs ont été tuées, connecter les féminicides avec une ville qu’on connait, un village ou on est passé, ça rend ces histoires plus concrêtes. En Suisse le plus souvent on ne connait pas les noms des victimes de féminicides, la faute à une culture de la vie privée surdéveloppée, au manque de reconnaissance du fait que les féminicides ne sont pas des affaires privées mais des meurtres politiques contre lesquels on doit lutter collectivement. La carte nous aide à rendre une infime partie de l’histoire de ces femmes.


Sur cette carte on voit les fémincides commis en 2023, on peut voir que c’est un problème qui concerne tout le pays, les villes autant que les villages, les vallées autant que les plaines. Si cette carte permet de mettre en lumière les féminicides, elle cache également d’importantes informations. Le 5ème féminicide marqué sur la ville d’Yverdon-les-bains masque le fait qu’il s’agit en fait d’un quadruple féminicide. Un homme a tué sa femme et ses trois filles. Deux féminicides dont les victimes habitaient en Suisse mais ont été tuées à l’étranger n’apparaissent pas non plus sur cette carte. Le premier concerne une femme tuée en Inde par un homme qu’elle fréquentait, le deuxième une femme tuée par son partenaire alors que tous les deux étaient à Pristina pour un mariage. On publie cette carte en envoyant nos pensées les plus sincères aux proches des victimes.

On voudrait pouvoir raconter les histoires de toutes ces femmes, pouvoir garder leur mémoire vivante. On se souvient d’elles dans notre lutte pour prévenir les féminicides.

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Féminicide

Féminicide à Wädenswil (ZH)

Le 15 janvier, une femme de 56 ans a été tuée par un homme de 25 ans qui la connaissait.

C’est le 2ème féminicide en Suisse en 2024.

La violence patriarcale tue en Suisse environ chaque semaine. Le nombre de féminicides dans le monde a atteint un record en 2022 selon un rapport de l’ONU publié fin 2023.
Ces meurtres ne sont pas des cas isolés, commis par des personnes irrationnelles dans un moment de folie. Ils sont le résultat d’une société ou la domination masculine est la norme, ou les comportement de contrôle sont banalisés et les discriminations sexistes sont intégrées.
C’est pourquoi la lutte contre les féminicides est une lutte globale contre les violences patriarcales sous toutes leurs formes. Cette lutte passe aussi par le fait de reconnaître qu’en tant que personnes concernées par l’oppression patriarcales on est imprégnées par ce système et que ça nous fait parfois accepter ou excuser certaines violences qui rendent ensuite d’autres violences possible, cela jusqu’au féminicide.


Soyons ensembles, solidaires et déterminées à ne plus laisser aucune place à la violence patriarcale. Pour notre sœur tuée à Wädenswil et pour toutexs les autres, sur les cendres du patriarcat on construira une vie libre.

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Action Féminicide

Banderole à Berne

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Féminicide

Féminicide à Allaman

Le 5 janvier, une femme de 46 ans a été tuée par un homme qui a ensuite jeté son corps sans vie dans le lac. C’est le premier féminicide en 2024.
Elle était française, on ne sait rien de plus d’elle pour l’instant. Elle n’embrassera plus jamais ses proches, ne rigoleras plus jamais avec ses amiexs.
C’est le premier féminicide cette année. On a compté 22 féminicides en 2023, 16 en 2022, 26 en 2021. Un féminicide toutes les 2 à 3 semaines. Cette régularité nous glasse le sang. L’inaction du gouvernement nous écoeure. Rappellons que le conseil fédéral a tenté en novembre dernier de geler l’argent destiné à la prévention contre les violences patriarcales. Décision finalement rétractée sous le pression des groupes féministes et leurs alliées.
Mais malgré cela on commence l’année pleine d’énergie et de détermination. D’espoir aussi car la lutte contre les féminicides se renforce chaque année et qu’on se sait des milliers. L’utilisation même du terme féminicide par les médias est devenu commun ces 3 derniéres années grâce à notre mobilisation. On ne lache rien, pas un seul féminicide de plus!

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Féminicide

22 ème féminicide en Suisse en 2023

Une fois de plus, nous sommes en pensée avec les proches de la victime et leur souhaitons beaucoup de force et de courage.
Le seul article de presse qui en parle n’emploie pas le mot « féminicide ». Sans l’excellent projet de recherche (totalement bénévole) stopfemizid.ch, nous n’aurions pas été au courant de ce meurtre. Il est extrêmement important que la police et les médias commencent à utiliser systématiquement le terme « féminicide ». De plus, il faut un registre national financé par l’État qui recense tous les féminicides.
Le terme féminicide, qui a été popularisé en Amérique latine, pour désigner des meurtres – souvent extrêmement brutaux et caractérisés par une volonté d’anéantir toute trace de l’autre personne – de femmes et de personnes trans basés notamment sur un sentiment de droit légitime à disposer de ses corps féminins et trans. La syllabe « ni » dans féminicide a été utilisé en premier par l’anthropologue Marcela Lagarde afin de signifier l’importance de prendre en compte des structures de pouvoir sociales et la co-responsabilité étatique en ce qui concerne ces meurtres.
L’État et la société suisses sont encore basé sur le modèle patriarcal de la famille hétérosexuelle nucléaire, dans laquelle l’homme en tant que père de famille est le responsable et en même temps le dirigeant de sa famille. C’est exactement cette compréhension du rôle social de l’homme qui est à la base de tout féminicide. Tant que nous ne changerons pas profondément l’État et la société en sortant de ce modèle patriarcal, les féminicides continueront.
Pour commencer, disons-le : féminicide. Pour souligner précisément ce lien entre l’État, la société et ces meurtres. Pour qu’il n’y ait plus aucun féminicide de plus !

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Féminicide

21 ème féminicide en Suisse en 2023

Le 11 novembre, un double assassinat a eu lieu à Sion. Une femme est morte, tuée par un homme qui lui a tiré dessus dans la rue.

Plusieurs journaux rapportent que le tueur la harcelait et qu’une plainte avait été déposée avant d’être classée. Lors de sa conférence de presse, le Ministère public explique qu’il ne s’agit pas d’un féminicide en raison de l’absence d’une relation intime entre la victime et l’auteur. Les féminicides sont des meurtres dont le motif est le genre et qui sont rendus possibles par le fait que les institutions entretiennent l’impunité face aux violences patriarcales. Réduire les féminicides à la sphère intime dissimule l’ampleur du problème ainsi que la responsabilité de l’Etat.

De la même façon, parler de l’auteur comme d’un fou ou un psychopathe nie la responsabilité de tout un système de discriminations et de domination dont les féminicides sont la manifestation la plus brutale.

Après le féminicide de Guilia en Italie, sa sœur s’est exprimée ainsi : « Ne faites pas une minute de silence pour Guilia, brûlez tout car ce qu’il faut c’est un changement fondamental de la société ».

Au nom de la femme tuée à Sion et de toutes les autres, on va continuer de lutter pour détruire le patriarcat et construire sur ses braises une société féministe et solidaire.

On envoie toutes nos pensées et beaucoup de force à ses proches et on est à disposition si vous souhaitez nous contacter.

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Action Communiqué Féminicide

Justice pour Jamilia!

Lundi 29 novembre se terminait le procès du féminicide dans le centre d’hébergement collectif à Büren an der Aare. Nous avons assisté au procès au cours duquel le mari de Jamilia a été condamné à 20 ans de prison pour meurtre.

Nous sommes choquéexs qu’aucune mention n’aie été faite concernant la co-responsabilité des responsables du camp d’hébergement et du système d’asile dans sa totalité. Par ailleurs aucune demande n’a été émise quant à la mise en place de mesures de préventions contre la violence patriarcale dans les centres d’hébergements pour personnes migrantes.

Nous dénonçons aussi le fait que la violence est présentée comme un problème individuel et « importé ». Les nombreuses personnes assassinées en Suisse chaque année qui ont auparavant alerté les autorités et tenté de chercher de l’aide – dont Jamilia – sont la preuve que l’État suisse et les organisations qui le représentent font partie du problème et que les féminicides sont bel et bien un phénomène suisse aussi. Nous déplorons également un procès empreint de sexisme où il a été estimé nécessaire de juger si Jamilia aurait eu un amant. Il a été établi qu’il s’agissait d’accusations mensongères du meurtrier mais cette question n’a aucune pertinence dans cette affaire si ce n’est de renverser la relation entre agresseur et victime. La juge a ensuite examiné la possibilité que le meurtre était un crime passionnel, en déclarant : «La question est de savoir si l’accusé est un tyran sanguinaire ou un mari éploré». Elle a finalement conclu qu’un crime passionnel est « caractérisé par une provocation de la part de la victime » et que ce n’était pas le cas ici. Le fait même qu’on puisse encore parler de meurtre passionnel, considérer qu’on pourrait tuer par amour et que cela constitue une circonstance atténuante est absolument scandaleux!

Il est urgent d’arrêter de renverser la culpabilité et de chercher une provocation de la part de la personne tuée. Cela a déjà causé suffisamment de mal. Rien ne justifie d’ôter la vie à quelqu’unex et d’ôter cette personne à ces proches !

Rendre justice à Jamilia et à toutes les autres victimes de féminicides c’est tout faire pour éviter qu’un seul autre féminicide ne puisse être commis!